28/10/2008
Une bibliothèque de nuages ...

Le Creusot, il y a une dizaine d'années, une librairie, un coin de rue.
Envie de lire mais quoi ... un petit livre, la libraire pourtant si réservée et caractérielle, me regarde "Vous connaissez ?" "euh, non ...." "Je vous le conseille, l'auteur est de ma famille proche... ce ne sera plus pareil après ...." Sa réserve habituelle s'envolait pour laisser place à une description détaillée du monsieur, de ses romans ... elle souriait c'est tout dire ... un beau sourire.
Deux livres achetés, que je retrouve aujourd'hui coincés entre une machine à écrire édentée et ma valise des "grands voyages".
"Un peintre, c'est quelqu'un qui essuie la vitre
entre le monde et nous avec de la lumière,
avec un chiffon de lumière imbibé de silence."
Christian Bobin
Voilà qui est Bobin pour moi, un homme à l'esprit léger, il donne un souffle à la vie et puis je l'oublie pour y revenir curieuse de le relire encore et encore ... Je comprend de ses paroles maintenant ... bien plus tard.
Et puis une petite dernière que j'affectionne particulièrement et qui bien des fois s'est révélée ...
J'ai trouvé Dieu dans les flaques d'eau, dans le parfum du chèvrefeuille,
dans la pureté de certains livres et même chez des athées.
Je ne l'ai presque jamais trouvé chez ceux dont le métier est d'en parler.
Lyne
20:23 Publié dans Who ? Qui êtes vous ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27/10/2008
Je Te hais-me ...
Je te hais-me…
Cette formule qui nous relie tous tant et tant à chaque relation, à chaque échange.
Cette formule qui est souvent la base de tout est encore plus vivante en ce moment.
On se déchire tout en s’aimant parce que souvent nous sommes dans l’impossibilité de nous aimer sans déchirement. La sagesse est un équilibre que la vie offre de temps à autre à ceux qui la recherchent.
L’autre soir, en regardant le match France-Tunisie, j’ai attendu ces sifflements. Je les sentais venir et ils ne m’ont pas déçu.
Aujourd’hui j’entends pis que pendre sur tout ce qui s’est passé, des grands mots, remède aux si petits maux. Des formules définitives et incandescentes sur la république. Mais pourtant personne ne semble avoir entendu ce que j’ai entendu.
Qui siffle lors d’un match comme celui-ci ?
Le tunisiens ? Non…
Ce sont les enfants de tunisiens, marocains, algériens, espagnols, portugais, italiens, sénégalais, camerounais etc… venus il y a longtemps vivre en France et ayant depuis adopté notre nationalité.
Ils sont français mais leur éducation, le racisme, la pauvreté, la famille, la communauté leur rappelle chaque jour d’où ils viennent. Quelles sont leurs origines, ce qu’elles représentent et leur responsabilité. N’oublions que nous ne sommes qu’à la seconde génération de cette intégration. L’origine culturelle est plus que présente encore. Elle cimente chaque famille.
Et dans ces soirs là, il faut choisir son camp, il faut qu’une équipe gagne, alors on choisit… Et on choisit sa famille, pas son passeport, c’est normal.
Rien là de dramatique ! Lorsque les corses jouent contre une équipe du continent, ils la sifflent aussi, les basques, les bretons, les chtis, les marseillais font de même.
Et pourtant ca n’empêchera pas ces mêmes enfants (parce que n’oublions pas que la majorité des siffleurs doit avoir moins de 20 ans) de hurler à chaque But que cette même équipe de France mettra contre un adversaire pendant la coupe du monde. Ils l’aimeront et en seront plus que fier dans ces moments là.
Même en Tunisie ils hurleront de joie si la France gagne. Parce que notre histoire est compliquée, parce que nous sommes avec le Maghreb comme avec tous les pays anciennement colonisés dans un rapport de « je te hais-me » permanent et pour encore longtemps. Comment paraitre surpris alors.
Ces manifestations ne sont pas une insulte, elles sont le cri d’amour d’un enfant qui hurle pour mieux être embrassé. Un caprice qui montre le besoin d’attention illimité que beaucoup de ces enfants attendent.
Alors oui, ca peut être choquant. Mais vider les stades pour cette raison, c’est punir celui qui se sent déjà au coin depuis trop longtemps. Ne transformons pas cette formule en haine simple. Tendons les bras pour transformer un peu cette formule…
20:53 Publié dans Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
21/10/2008
Yalla
Comme demandé voici les paroles de Yalla
On ne retient pas l'écume
Dans le creux de sa main
On sait la vie se consume
Et il n'en reste rien
D'une bougie qui s'allume
Tu peux encore décider du chemin, de ton chemin
Crois-tu que tout se résume
Au sel d'entre nos doigts
Quand plus léger qu'une plume
Tu peux guider tes pas
Sans tristesse ni amertume
Avancer, avance puisque tout s'en va tout s'en va
{Refrain:}
Yalla yalla yalla yalla
Elle m'emmène avec elle
Je t'emmène avec moi
Yalla
Tu trouveras le soleil
Dans le cœur des enfants
Sans nulle autre joie pareille
Ni sentiment plus grand
Un mot d'amour à l'oreille
Peut dans chacun réveiller un volcan pour qui l'entend...
{au Refrain}
Tu trouveras le soleil
Dans le cœur des enfants
{au Refrain}
Yalla - Florence / Calogero
en image : http://www.youtube.com/watch?v=W1F33A0M8XE
08:02 Publié dans Who ? Qui êtes vous ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20/10/2008
Yallah
Voilà cette petite bonne femme qui m'a souvent fait sourire et aussi pleurer, est partie. Je suis partagée entre bonheur et tristesse. Bonheur puisqu'elle part vers d'autres horizons ...
Notre rencontre personnelle a été courte, fulgurante et radieuse. Je me souviens d'un doigt pointé et d'un sourire ...
Vous nous avez donné 100 années d'amour et de courage, soyez en paix !
Lyne
20:01 Publié dans Who ? Qui êtes vous ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : soeur emmanuelle, yallah
14/10/2008
Françoise Seigner
C'est un peu terrifiant de voir que mes deux dernières notes sont des hommages à ceux qui partent. Le hasard de la vie sans doute.
Au même moment que Guillaume Depardieu, mais bien plus discrètement, s'en va Françoise Seigner.
Peu d'entre vous la connaissent. Ceux qui ont été au theâtre peut-être...
Françoise est importante pour moi puisqu'elle a été celle qui m'a mis le pied à l'étrier au Françis alors que j'étais élève du conservatoire.
Elle m'a engagé après audition pour répéter à la place d' un des acteurs de sa nouvelle mise en scène de Nicomède. Et pour eventuellement le remplacer si il n'était pas capable d'assurer des représentations.
J'ai finalement joué tous les soirs ce rôle magnifique d'Attale à la comédie Française avec Christine Fersen et Jean-Pierre Bouvier grâce à sa determination et à son envie. Nous nous sommes ensuite cotoyé durant plusieurs années, nous avons joué ensemble et j'ai toujours gardé une tendresse particulière pour cette femme au caractère si fort et si intransigeant. Elle m'a donné ma chance et sans elle peut-être ne serais-je jamais rentré au français...
C'est une page importante de l'histoire de la maison qui se tourne et qui disparait avec elle. Elle a marqué de son talent toute une époque comme son père avant elle et sa nièce aujourd'hui..
Au revoir Françoise...
17:32 Publié dans Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13/10/2008
Trop tôt, trop vite...
Je ne sais pas quoi te dire.
On ne se connait pas Guillaume. Mais tu avais la passion au corps, avec toutes ses blessures.
La passion sans armures, comme un habit de verre brisé qui te heurtait en permanence. C'est ce qui faisait de toi un être à part, un vertige en mouvement, une vérité déchirée et passionnante. Tu n'étais même plus un comédien tellement tu étais ce que tu représentais.
Finalement cette vie t'aura brûlé du premier au dernier jour que tu l'as traversé. Jamais dans l'indifference, jamais dans le mou. Toujours dans le surplus de vie que tu essayais tant bien que mal de canaliser.
On ne se connaissait pas mais comme pour tous ceux qui pleureront ton départ ce soir, je voulais te dire que ton émotion me bouleversait. Et que j'aurais voulu pouvoir apaiser un peu ce feu qui t'a brûlé sans cesse. Sois bien maintenant...
21:55 Publié dans Jean-Pierre | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note





