14/07/2009

La forge

Ëtre maître de forge

du centre vers l’exterieur
croit le maître de forge
quand la matière fondue
se saoûle d’étincelles
quand les fragments rougis
s’enfuient de la coulée
quand le tourbillon creuse
de l’exterieur au centre
quand la lave mousseuse
vient s’engloutir au puits
de l’extérieur au centre
le regard hypnotique
fixe le mouvement
temps des électrons libres
d’être happés par un souffle
et le cuivre assombrit
la voie du flot lacté
un temps de suspension
avant disparition
où les bribes de son
résistent avant de disparaître
du centre vers l’exterieur
croit le maître de forge
espérant guider
les flux de la fournaise
le lait l’or le miel
l’ocre l’ambre et la nuit

 

Source : L'oeil ouvert

nb : "je peux pas mieux dire en parlant d'ouvrage"

Lyne

Commentaires

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Ecrit par : Freedom | 30/07/2009

Poésie et passion, tout y est, les couleurs en plus. Mon esprit s'évade et mon coeur est touché par la beauté de ces mots.
Cela m'évoque une chanson de Bernard Lavillier: les mains d'or : une matière brute, domptée ... l'enfer de la fournaise, supportée ... et le savoir faire d'orfêvre de ces hommes, impressionnant, précis, imaginatif : de l'ART, tout simplement.
A l'heure actuelle, bon nombre de ces métiers manuels souffrent de désaffection et sont souvent associés à ces carrières pour "cancres" en mal d'orientation. C'est dommage, ils sont tellement plus que cela ... Je suis persuadée que s'ils étaient valorisés en ces termes, l'envie et la curiosité pourraient engendrer bon nombre de vocations .
Merci Lyne pour cet hommage à l'ouvrage ainsi qu'aux compagnons qui lui donnent forme.

Ecrit par : Péronnelle | 07/09/2009

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